THEME

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The view according to which desire on the one hand and pleasure and emotion on the other are deeply united is nowadays fiercely criticized by both neuroscientists and philosophers.

For instance, Berridge and collaborators have shown that the motivation toward a stimulus can be dissociated from its being liked. One may also underline that the neurostransmitters that mediate motivation are distinct from those that regulate the experience of pleasure. One could finally point out that addiction on hard drugs maintains the desire to take the drug although the intake delivers no pleasure anymore.

In philosophy, attempts to reduce pleasure to a state that one would be motivated to maintain raises more problem than it solves. Even the idea that pleasure and pain could be understood—or partially understood—in terms of motivations is under severe criticisms. In the opposite sense, many arguments have been raised against the view according to which desires are driven by the search of pleasure. After all, there is nothing problematic with the conception of a system that could aim at goals while having neither emotions nor experience of pleasure or pain.

All these considerations show that motivation and affects (emotions, pleasure, pain, moods, sentiments…) are not reducible to one another. But even if one should acknowledge this independence, one should not neglect the multiple and intricate causal or conceptual links that may relate motivation to affects.

The aim of the conference is to address these questions and related ones by confronting the works of neuroscientists, psychologists and philosophers empirically informed in order to improve our understanding of the relationship that links human motivation to affects.

Among others, we would like to address the following questions:

  • To what extent human motivation depends on—or is independent from—affects?
  • To what extent motivation shares evaluative processes with affects?
  • What temporal organizations are there between affects and motivations?
  • What connexion is there between affective experience, evaluation and reward?
  • What is the specific impact of subjective affective experience on motivation?
  • Why evolution has added to our motivational system an ability to experience emotions, pleasure and pain?

The conference is part of a project funded by the Maison des sciences de l’homme en Bretagne, and is also funded by the University of Rennes 1

Thème

L’idée selon laquelle le désir d’un côté et le plaisir et les émotions de l’autre sont profondément unis l’un à l’autre est aujourd’hui sous le feu de critiques multiples aussi bien de la part des philosophes que du point de vue des neurosciences.

On pourrait citer en neurosciences les travaux de Berridge qui ont montré qu’on pouvait dissocier l’appréciation d’un stimulus de la motivation à rechercher ce stimulus. On pourrait aussi souligner le caractère distinct des neurotransmetteurs médiant la motivation de ceux régulant l’expérience du plaisir. On pourrait enfin pointer le phénomène de la dépendance qui maintient le désir de prise de drogue alors même que le plaisir n’est plus au rendez-vous.

En philosophie, la tentative de réduire le plaisir à une expérience dont on désirerait qu’elle se poursuive soulève plus de problème qu’elle n’en résout. On a aussi rejeté l’idée que les émotions ou la douleur pourraient être comprises en termes de désir. De même l’idée selon laquelle les désirs pourraient être guidés par la recherche du plaisir semble très largement battue en brèche. Après tout rien ne semble s’opposer à la construction d’un système qui poursuivrait des buts mais qui n’aurait ni émotion ni expérience de plaisir.

Toutes ces considérations montrent que la motivation et les affects (émotions et plaisirs/douleurs) ne sont pas réductibles l’un à l’autre. Mais reconnaître cette indépendance de nature ne doit pas nous faire négliger les liens multiples et complexes qui relient la motivation et les affects, et plus particulièrement en quel sens la motivation chez l’homme est accompagnée ou dépend plus ou moins directement des affects.

L’objectif de ce colloque est de confronter les travaux en neurosciences et ceux de la philosophie informée par les neurosciences pour mieux comprendre les relations que la motivation humaine entretient avec les affects.

On voudrait en particulier s’interroger sur les questions suivantes :

  1. Quelles sont les dépendances/indépendances de la motivation humaine par rapport aux affects ?
  2. Dans quelle mesure la motivation partage avec les affects des processus d’évaluation ?
  3. Existe-t-il une organisation temporelle entre affects et motivation ?
  4. Quel est le rapport entre expériences affectives, évaluation et récompense ?
  5. Quels sont les effets spécifiques des expériences subjectives d’affect sur la motivation ?
  6. Pourquoi l’évolution a-t-elle ajouté à notre système motivationnel une capacité à avoir des expériences émotionnelles et hédoniques ?

Cette conférence est issue d’un projet labellisé par la Maison des sciences de l’homme en Bretagne, elle est également soutenue par l’Université de Rennes 1.

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